Synthiz pour les journalistes
Synthiz transcrit vos interviews, podcasts et vidéos, résume vos rapports et articles, puis relie les concepts entre sources. Sa recherche retrouve la source exacte d’une affirmation avant bouclage, avec sa citation horodatée.
Le vrai goulot d’étranglement : dépouiller, pas écrire
Écrire un papier de 6 000 signes prend deux ou trois heures. Ce qui précède en prend vingt : deux heures d’interview à réécouter, un rapport de 180 pages, une audition parlementaire de 3 heures, quinze articles concurrents. Le travail journalistique réel, c’est ce dépouillement — et il est presque entièrement mécanique.
Les outils existants découpent le problème sans le résoudre. Un service de transcription rend un mur de texte sans structure. Un gestionnaire de notes range ce que vous avez lu, sans lire à votre place. Un assistant conversationnel résume vite et invente parfois une citation, ce qui est disqualifiant dans une rédaction.
Le coût n’est pas seulement le temps perdu : c’est le rapport lu en diagonale, l’audition survolée, la contradiction entre deux sources que personne n’a repérée.
Le workflow concret avec Synthiz
- Créez une mémoire par enquête — « Financement des EHPAD », « Élections municipales Lyon » —, chacune avec ses sources, sa synthèse et sa langue de génération.
- Versez tout le matériau. Un lien suffit pour un article, une vidéo YouTube, un podcast ; les PDF s’importent directement. L’extension Chrome enregistre la page ouverte en un clic et capture au besoin le transcript des vidéos YouTube que vous regardez.
- Vérifiez sans changer d’onglet. Vous lisez le communiqué d’un ministère et une phrase vous rappelle quelque chose. Le panneau de recherche de l’extension interroge votre base depuis la page en cours et affiche l’extrait de texte autour de ce que vous avez tapé : vous voyez tout de suite si vous détenez déjà une source qui dit le contraire.
- Abonnez-vous aux sources récurrentes : flux RSS d’une institution, chaîne YouTube d’une commission, podcast d’un observatoire. La synchronisation tourne seule — heure, 6 heures ou jour — et le contenu arrive déjà traité.
- Lisez la synthèse, puis descendez à la source. Chaque concept porte ses citations horodatées : un clic vous place dans le transcript à la seconde près, et c’est cette phrase-là que vous notez.
- Croisez les sources. L’analyse croisée sort convergences, tensions et angles morts — deux experts qui se contredisent, un point que personne n’aborde.
- Consignez vos pensées — objection, piste, contact à rappeler —, adossées à leurs sources. C’est le brouillon de votre angle, pas une sortie de machine.
- Exportez en Markdown ou en PDF vers votre outil d’écriture au moment du bouclage.
Le moment « je sais que je l’ai lu quelque part »
C’est 18 h, le papier part à 19 h, il manque la source d’une affirmation. Vous savez qu’un intervenant a donné ce chiffre — audition, rapport ou podcast, vous ne savez plus, et ses mots exacts vous échappent.
C’est là que la plupart des systèmes de notes lâchent. Obsidian, un Zettelkasten, n’importe quel second cerveau : excellents pour penser et relier des idées, faibles sur la récupération. Retrouver la source d’une idée six mois plus tard suppose de deviner le terme employé à l’époque, ou d’avoir tenu une discipline de tags que personne ne tient.
Synthiz garde la mise en relation et traite la récupération comme un problème à part. La recherche est hybride : une couche sémantique, qui retrouve un passage sur le sens même sans les mots du document, et une couche lexicale en texte intégral, qui rattrape noms propres, sigles et chiffres exacts. Les deux scores sont fusionnés.
Le détail qui compte tient à la décision de pertinence. Pas de seuil fixe : Synthiz mesure l’écart d’un document à la distribution de sa propre requête, plus un minimum absolu. Sur un corpus de 948 embeddings, une requête ayant 5 documents pertinents et une requête ne correspondant à rien culminent à 0,09 d’écart — un seuil fixe à 0,65 ne renvoyait rien à quelqu’un détenant pourtant 5 sources. À 18 h : on retrouve la source sans se rappeler sa formulation, et un corpus vide sur la question renvoie zéro plutôt que trois documents voisins.
Ce que ça change concrètement
| Étape | Avant | Avec Synthiz |
|---|---|---|
| Interview d’une heure | Réécoute intégrale, 1 h 30 à 2 h | Transcript et concepts prêts, vérification ciblée |
| Rapport de 150 pages | Lecture en diagonale, points manqués | Résumé structuré, retour au passage exact |
| Veille institutionnelle | Consultation manuelle des sites | Abonnements synchronisés, déjà traités |
| Retrouver une citation | Recherche dans les fichiers audio | Recherche dans le corpus, horodatage à la seconde |
| Contradiction entre sources | Repérée par chance | Sortie par l’analyse croisée |
Le gain net n’est pas la vitesse d’écriture, c’est le volume de matériau réellement dépouillé : le rapport annexe que vous auriez ignoré faute de temps entre dans le corpus.
Les limites honnêtes
Il faut être clair sur ce que Synthiz ne fait pas pour une rédaction.
Ce n’est pas une source de vérité. Les synthèses sont générées par des modèles de langage. La traçabilité existe précisément parce qu’elles ne se suffisent pas : rien ne part en publication sans être revérifié dans le document d’origine.
Ce n’est pas un outil pour sources sensibles. Les contenus sont traités par des services d’IA tiers. Pour du matériel protégé — lanceur d’alerte, document confidentiel, entretien off —, utilisez SecureDrop, Signal et un traitement hors ligne.
Ce n’est pas un outil de rédaction collaborative. Ni coécriture en temps réel, ni circuit de validation avec le secrétariat de rédaction, ni versionnage d’article : l’écriture reste dans votre CMS.
La transcription n’est pas parfaite. Terrain bruyant, locuteurs qui se coupent la parole, accent marqué, jargon technique : les erreurs sont réelles. Elle accélère le repérage, elle ne remplace pas l’oreille sur un passage que vous allez citer.
Rien pour le datajournalisme. Analyser un tableur de marchés publics ou croiser des bases reste le travail d’un tableur, de Python ou d’OpenRefine : Synthiz traite du texte, de l’audio et de la vidéo.
Aucun archivage probatoire. Ni horodatation légale, ni capture opposable d’une page qui pourrait disparaître : gardez vos captures d’écran et vos archives web habituelles.
Questions fréquentes
- Synthiz transcrit-il une interview enregistrée sur mon téléphone ?
- Synthiz traite les vidéos et les fichiers audio que vous lui donnez, ainsi que les podcasts et les vidéos YouTube depuis un simple lien. Un enregistrement personnel doit donc être importé comme n’importe quelle autre source, et il ressort avec un transcript et une synthèse.
- Puis-je citer directement ce que Synthiz produit ?
- Non, et ce n’est pas l’usage visé. Les synthèses sont un outil de dépouillement : elles vous amènent à la bonne minute du transcript, et c’est cette citation d’origine que vous vérifiez puis reprenez dans votre papier.
- Comment séparer plusieurs enquêtes en cours ?
- Chaque enquête devient une mémoire, c’est-à-dire un espace thématique avec ses propres sources et sa propre synthèse. Ce que vous capturez sans savoir où le ranger atterrit dans Capture, la mémoire par défaut, et vous le triez plus tard.
Publié le 05/09/2026