Synthiz ou Obsidian : lequel choisir ?
Choisissez Obsidian si vous voulez posséder vos fichiers en local, tout configurer et écrire vos notes vous-même. Choisissez Synthiz si votre problème est de retrouver, six mois plus tard, la source exacte d’une idée que vous avez notée.
À quoi sert chaque outil
Obsidian est un éditeur de notes en Markdown qui travaille sur un dossier de votre disque. Rien n’est envoyé nulle part par défaut : les fichiers vous appartiennent et resteront lisibles dans dix ans avec n’importe quel éditeur de texte. Les notes se lient par des liens internes, et une vue en graphe montre la structure qui émerge. Autour de ce noyau volontairement simple, une communauté très active a construit des milliers de plugins. L’usage personnel est gratuit.
Synthiz aborde le même terrain par l’autre extrémité : il ne suppose pas que la note existe, il la fabrique à partir d’une source. On lui donne un lien — article, vidéo YouTube, podcast, PDF — ou on s’abonne à un flux RSS, une chaîne, une émission ; il se synchronise seul (toutes les heures, toutes les six heures ou une fois par jour), transcrit l’audio et la vidéo, produit un résumé et dégage les concepts avant que vous n’ouvriez l’application. Chaque affirmation porte ses citations horodatées et renvoie au transcript à la seconde près. Une analyse croisée révèle convergences, tensions et angles morts entre plusieurs sources, et les Pensées accueillent la part humaine : vos réflexions et vos objections, adossées aux sources.
Obsidian est un atelier. Synthiz est une chaîne de préparation.
Tableau comparatif
| Critère | Obsidian | Synthiz |
|---|---|---|
| Stockage des données | Fichiers Markdown en local, vous les possédez | Service en ligne hébergé |
| Coût d’entrée | Gratuit pour l’usage personnel | Compte gratuit, formule payante à 9 € par mois |
| Extensibilité | Immense, milliers de plugins communautaires | Aucune, produit fermé et intégré |
| Personnalisation de l’interface | Très poussée, thèmes et CSS | Limitée |
| Transcription audio et vidéo | Via plugin externe et clé d’API | Native |
| Résumé et concepts automatiques | Via plugin externe | Natif, dès l’arrivée de la source |
| Veille par abonnement RSS et chaînes | Via plugin | Native, avec traitement automatique |
| Citations horodatées vers le transcript | Non | Oui |
| Recherche | Lexicale : il faut se souvenir des mots écrits | Hybride, sémantique et lexicale fusionnées |
| Extension navigateur | Via plugins tiers de capture web | Capture en un clic et recherche dans sa base depuis la page |
| Retrouver la source d’une idée | Dépend de vos liens et de votre discipline | Citation horodatée, retour au transcript |
| Liens entre notes | Manuels, avec vue en graphe | Concepts reliés automatiquement |
| Pérennité hors service | Totale, ce sont vos fichiers | Dépend du service |
| Effort de configuration | Élevé au départ | Nul |
Quand choisir Obsidian
Obsidian est meilleur que Synthiz sur plusieurs points, et ce ne sont pas des points mineurs.
Le local-first, d’abord. Aucun éditeur ne peut fermer le service, changer ses conditions ou perdre vos données : le pire scénario vous laisse un dossier de texte parfaitement lisible. Pour un travail de recherche mené sur dix ans, ou pour qui refuse par principe de confier sa base de connaissances à un tiers, c’est un argument décisif que Synthiz ne peut pas égaler.
La gratuité, ensuite. L’usage personnel ne coûte rien, indéfiniment : seules la synchronisation officielle et la publication sont payantes, et un dossier synchronisé soi-même les remplace.
L’extensibilité, enfin. L’écosystème couvre pratiquement tout : Dataview pour interroger ses notes comme une base, Templater pour l’automatisation, Spaced Repetition pour la mémorisation, Excalidraw pour le schéma. Si votre besoin est précis et un peu excentrique, il y a probablement un plugin — et sinon, vous pouvez l’écrire. Synthiz ne s’ouvre pas de cette façon, et Obsidian est par ailleurs un bien meilleur outil de rédaction longue.
Quand choisir Synthiz
Obsidian, le Zettelkasten et le second cerveau en général sont excellents pour penser et relier des idées. Leur point faible est ailleurs : la récupération. Six mois après avoir noté une idée, retrouver d’où elle venait exactement suppose soit que vous ayez été discipliné dans vos liens, soit que vous vous souveniez des mots que vous aviez employés.
C’est le nœud du problème, et il est technique. La recherche d’Obsidian est lexicale : elle retrouve des chaînes de caractères. Si votre note dit « effets pervers des primes commerciales » et que vous cherchez « incitations perverses », elle ne remonte rien — non parce que la note manque, mais parce que le vocabulaire a changé entre le moment où vous avez écrit et celui où vous cherchez.
Synthiz fusionne deux signaux, une recherche sémantique par embeddings et une recherche lexicale plein texte, et ne décide pas la pertinence par un seuil de similarité fixe mais par l’écart d’un document à la distribution de sa propre requête. La différence est mesurable : sur un corpus de production de 948 embeddings, la requête « féodalisme » — cinq documents réellement pertinents — et une requête ne correspondant à rien culminaient à 0,09 d’écart seulement. Un seuil fixe à 0,65 ne renvoyait rien à un utilisateur qui possédait pourtant ces cinq sources ; l’abaisser assez pour les atteindre laissait revenir n’importe quoi. Le bénéfice est double : on retrouve sans se rappeler les mots exacts, et une recherche sans correspondance répond honnêtement zéro résultat plutôt que du bruit. S’y ajoute la traçabilité, les citations horodatées renvoyant au passage exact du transcript là où une note recopiée garde l’approximation de la recopie.
Cette recherche est aussi disponible depuis l’extension Chrome, ce qui change le moment où elle sert : le panneau affiche l’extrait autour du terme cherché plutôt qu’une liste de résultats. Au milieu d’une vidéo, une affirmation vous semble familière, vous tapez trois mots et vous voyez ce que votre base en dit, sans changer d’onglet. La même extension enregistre page, vidéo YouTube ou podcast en un clic et récupère automatiquement le transcript.
Le dernier point tient à l’alimentation. La base Obsidian ne se remplit pas toute seule : vous regardez une conférence d’une heure, vous vous promettez d’en faire une note, la note n’existe jamais. Chez Synthiz la matière arrive déjà transcrite, résumée et reliée, l’analyse croisée expose les tensions que le graphe manuel ne montre pas, et rien n’est à configurer — pas de plugin, pas de clé d’API, rien à maintenir quand un mainteneur abandonne son projet.
Verdict par profil
Développeur, bidouilleur, tenant du local-first : Obsidian. Le contrôle total et la pérennité des fichiers l’emportent sur le confort.
Chercheur au long cours : Obsidian pour l’archive et l’écriture, Synthiz en amont si le corpus comporte beaucoup d’audio et de vidéo à transcrire et à vérifier.
Professionnel occupé, veille abondante : Synthiz. La configuration et la saisie manuelle sont exactement ce qui fait échouer la base de connaissances.
Base déjà volumineuse et difficile à interroger : Synthiz. Passé le millier de notes, le problème n’est plus d’écrire mais de retrouver, et c’est là que la recherche lexicale montre ses limites.
Les tarifs évoluent : vérifiez-les sur le site de chaque éditeur avant de choisir.
Questions fréquentes
- Obsidian peut-il résumer automatiquement une vidéo ?
- Pas nativement. Il existe des plugins communautaires qui appellent des services externes de transcription ou de résumé, mais il faut les installer, les configurer, fournir ses propres clés d’API et accepter que la chaîne casse quand un plugin n’est plus maintenu.
- La recherche d’Obsidian suffit-elle pour retrouver une idée ?
- Elle est lexicale : elle retrouve les mots que vous avez effectivement écrits. Si vous cherchez « incitations perverses » et que votre note dit « effets pervers des primes », elle ne remonte rien. La recherche de Synthiz combine sémantique et lexical, ce qui lui permet de retrouver une source sans les mots exacts.
- Peut-on utiliser Obsidian et Synthiz ensemble ?
- Oui, en séparant les rôles. Synthiz sert d’étage de captation et de synthèse pour les sources externes, Obsidian reste le lieu de la note personnelle durable, écrite à la main et conservée en Markdown local.
Publié le 05/09/2026